Home » Asie, International, Sport » Formule 1 – Grand Prix de Bahreïn entre censure et manifestations

2169021955 20042012174824 300x206 Formule 1 – Grand Prix de Bahreïn entre censure et manifestationsBahreïn -- (LesNews) -- LesNews vous en parlait déjà ici : le Grand Prix de Bahreïn va faire parler de lui… et pas que pour le sport.

Nous avions alors relayé Reporters sans Frontières qui alertaient l’opinion publique sur la traque, les violences et les tortures dont étaient victimes les journalistes au Barheïn et la politique de répression menée par le Gouvernement du Bahrein notamment sur la liberté de la presse en interdisant le territoire aux journalistes, reporters, photographes étrangers.

Se posait alors la question de la couverture du Grand Prix de Formule 1 de ce dimanche face à cette censure, une épreuve qui avait été annulée la saison précédente et qui était maintenue pour cette année par la FIA.

Devant l’inquiétude des acteurs de la course, Bernie Ecclestone et Jean Todt avaient confirmé leur décision de maintenir ce Grand Prix affirmant "que les gens continuent à vivre normalement" et que "toutes les mesures de sécurité sont  mises en place pour le déroulement du rendez-vous" [NDLR - Le jour même de cette déclaration, deux jeunes hommes étaient gravement blessés par les forces de sécurité alors qu'ils prenaient part aux funérailles d'un manifestant anti-régime tué par balle.] Red Bull avait alors clairement signifié qu’elle stopperait la course au premier incident et de nombreux journalistes avaient annoncé qu’ils ne se déplaceraient pas pour couvrir l’évènement.

Jeudi soir, c’est au tour d’un groupe de pirates se réclamant des Anonymous de publier un communiqué dénonçant l'organisation "d'un ignoble Grand Prix" à Bahreïn dans un pays au "gouvernement non légitime, tyrannique et barbare" et d'annoncer qu'à partir de ce vendredi elle s'attaquerait "au site officiel de la Formule 1 en plus de surcharger les e-mails et détruire tout ce qui vous appartient sur le web". Vendredi, le site officiel de la F1 était en effet inaccessible pendant quelques heures ainsi que d’autres sites connexes.

Les Anonymous ont alors publié en home du site de la F1 un message où ils menacent de s’en prendre au régime du roi du Bahreïn qu’ils accusent de tortures et de meurtres sur la population et promettent de soutenir les manifestants dans leur lutte : "Que le Roi de Bahreïn sache que nous sommes sur le point de lâcher la plus grosse avalanche de m**** jamais vue, et que votre temps en tant que dictateur arrive à son terme"

Bernie Ecclestone et Jean Todt étaient fortement pris à partie, les Anonymous les menaçant de saboter les communications, les boites mails…. Mais également les spectateurs de la course : "Vous qui regardez cette course en personne ou à la télévision, vous avec également le sang des Martyrs de la Liberté Bahreïnie sur les mains".

Même si certains s’inquiètent d’une introduction des Anonymous dans les systèmes des écuries, qui pourrait nuire à la compétitivité technique, cette cyber-action n’a eu aucun impact sur la tenue de la course demain. Les premiers essais libres se sont déroulés normalement ce vendredi matin.

Sur place, des incidents sont survenus cette semaine dans la banlieue de Manama, la capitale. Des milliers de manifestants sont descendus dans la rue ce jeudi et vendredi. Des affrontements ont eu lieu, dans la nuit de vendredi à samedi, entre manifestants et forces anti-émeute dans des villages chiites, non loin du circuit. Ces affrontements auraient fait un mort. A la base de ces manifestations, une organisation les Jeunes du 14 février, un mouvement collectif radical qui a appelé à "trois jours de colère" en marge du Grand Prix prévu dimanche, sous le slogan "Non à la Formule de sang".

Plusieurs ONG ont signifié leur déception face à la décision de la FIA. "Elle donne aux autorités bahreïnies l'opportunité qu'elles cherchent pour masquer la gravité de la situation des droits de l'homme", dénonce l'organisation américaine Human Rights Watch. De son côté, l'International Crisis Group met en garde contre la "bombe à retardement" que pourrait être le Grand Prix de Bahreïn qui "risque d'enflammer la situation".

Aucun commentaire pour l'instant de la part de la FIA, des écuries ou des pilotes. Jeudi, des techniciens de l'écurie Force India ont été la cible d'un cocktail Molotov, ils ont quitté le circuit préférant rentrer chez eux.

Les essais se sont tenus "normalement" face à des tribunes vides...

pixel Formule 1 – Grand Prix de Bahreïn entre censure et manifestations
pinit fg en rect gray 20 Formule 1 – Grand Prix de Bahreïn entre censure et manifestations
NatCordeaux

Nathalie Cordeaux

Femme digitale - Des microprocesseurs dans son ADN - Blogueuse depuis 2005. Voix off d'entreprises sur les réseaux sociaux avec Corpor@tement Vôtre - Responsable Éditoriale du site LesNews.

En savoir plus sur l'auteur

Soyez le premier à réagir !

Laissez un commentaire

slicefactory.com/?url=lesnews.it&lang=fr_FR&name=LesNewsshow current page